Bienvenue sur le blog des Poules Chanvrières !
La transparence est au cœur de ma démarche. C’est pourquoi, aujourd’hui, j’ai décidé de vous emmener avec moi dans les coulisses pour vous présenter l’itinéraire technique complet de ma culture de chanvre CBD cette année.
Cultiver le vivant n’est jamais un long fleuve tranquille ; c’est une aventure faite d’anticipation, d’adaptation et de beaucoup d’huile de coude, surtout quand on travaille seul. Cette saison, j’ai mis à l’honneur deux superbes variétés : la Western Cherry et l’Arizona Dream.
Voici comment je les ai accompagnées de la petite graine à la fleur.
Chapitre 1 : Des débuts fragiles (fin mars)
Tout commence Semaine 13 (fin mars). L’excitation est à son comble : je sème 500 graines en plaques de semis.
Pour leur offrir un cocon protecteur, j’ai installé les plaques sur une table de semis que j’ai fabriquée moi-même avec du bois et de la bâche plastique. Cette table est surmontée d’une mini-serre fixée avec des arceaux de tunnel nantais, le tout installé bien à l’abri sous la grande serre principale de la ferme.
C’est ici que j’ai rencontré ma première épreuve. N’ayant pas encore l’électricité sur le terrain, je ne pouvais pas utiliser de tapis chauffants. Le manque de chaleur a été fatal pour une partie des germes. C’est la dure réalité de l’agriculture : on ne gagne pas à tous les coups.
Semaine 16 (mi-avril), je rempote les plants les plus vigoureux dans des plaques plus grosses pour leur donner de l’espace.
Les rescapées ! Mes jeunes pousses au stade 2 feuilles.
Chapitre 2 : Préparer le sol, à la force des bras
Pendant que les petites poussent, le travail au champ commence. Je prépare mes planches de culture (1m de large sur 20m de long) entièrement manuellement, dans le respect du sol vivant.
Mon rituel est précis et physique, pour chaque planche :
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Je commence par désherber à la houe maraîchère.
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Je passe la grelinette pour décompacter la terre en profondeur sans la retourner.
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J’utilise la Campagnole pour émietter les mottes et affiner le lit de plantation.
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J’installe l’irrigation goutte à goutte.
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Je pose un paillage généreux de 15 cm de foin pour garder l’humidité.
Les planches sont prêtes !
Chapitre 3 : La course contre la montre et la saga du groupe électrogène
Le printemps a été marqué par une grosse galère technique.
Dès la Semaine 17 (fin avril), mon groupe électrogène tombe en panne. J’attends une pièce de rechange qui n’arrive finalement que Semaine 20 (mi-mai). Malgré la réparation avec des pièces neuves, impossible de le faire redémarrer. Sans électricité, je n’ai pas de pompe pour l’arrosage, alors que le moment critique de la plantation est là.
Je dois m’adapter en urgence. Je commence par planter en extérieur Semaine 20 (mi-mai), en comptant sur la pluie pour assurer le premier arrosage : 2 planches (une de Western Cherry et une d’Arizona Dream), plantées en quinconce.
Pour donner toutes leurs chances aux plants, j’ajoute systématiquement une poignée d’Orga 3 au pied de chaque motte lors de la mise en terre. C’est un engrais organique complet (utilisable en agriculture biologique) composé de matières végétales et animales compostées. Cela permet de nourrir la vie du sol et d’apporter tous les nutriments nécessaires pour un démarrage vigoureux des racines.
Face à l’urgence, j’achète un nouveau groupe électrogène Semaine 21 (fin mai). Je peux enfin planter sous serre : 65 plants au total. Petite note technique : la rotation des cultures obligatoire en bio m’a contraint à laisser plus d’espace près de la bâche, réduisant un peu le nombre de Western Cherry sur une planche.
Je termine les dernières planches extérieures entre la Semaine 21 (fin mai) et la Semaine 22 (début juin).
Le bilan final des plantations ? Sur 500 graines semées, j’ai planté 305 pieds (65 sous serre et 240 dehors).
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120 plants d’Arizona Dream
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185 plants de Western Cherry
Une leçon apprise : L’attente du groupe électrogène m’a enseigné une leçon précieuse. En attendant de pouvoir planter, j’avais rempoté certains plants dans des pots plus grands, faute de place dans les plaques. Le résultat fut flagrant : ces plants qui ont eu plus d’espace pour leurs racines ont fini bien plus productifs que ceux qui ont « végété » trop longtemps dans les petites plaques de semis.
Début juin. On observe déjà la différence de vigueur selon le temps passé en godet.
Chapitre 4 : L’été, ça pousse !
Une fois en terre et l’irrigation fonctionnelle, la culture a pris son rythme. L’été s’est bien passé, avec un arrosage deux fois par semaine pour soutenir la croissance sous le soleil.
Début juillet, tout le monde grandit tranquillement.
À la mi-septembre, le spectacle commence. La floraison est bien avancée, les odeurs se développent et les couleurs apparaissent.
Mi-septembre, bientôt prêtes !
Chapitre 5 : Récolte et Séchage, l’aboutissement
Semaine 39 (fin septembre), c’est le grand jour : le début de la récolte. C’est le moment le plus gratifiant, où je découvre les teintes incroyables de certaines fleurs, mélange de rouge, jaune, violet et vert.
La récompense du travail accompli.
Une fois coupées, le travail est loin d’être fini. J’ai réalisé l’effeuillage (la manucure) entièrement à la main, aux ciseaux. Cela m’a pris trois semaines et demie intenses.
Les fleurs ont ensuite rejoint le séchoir : un chalet de 20m² que j’ai spécialement aménagé. Elles ont séché pendant 3 semaines sur des claies que j’ai fabriquées moi-même (bois et grillage inox fin). Pour garantir une qualité optimale, je gère le climat du chalet avec un extracteur d’air branché sur un hygrostat et un brasseur d’air.
Le bilan de fin de saison
Pour être totalement transparent avec vous, la fin de culture m’a réservé quelques surprises. J’ai eu la visite de chenilles qui ont grignoté la base de certaines têtes, causant quelques pertes. C’est le jeu de la culture en extérieur !
Aussi, j’ai découvert la présence de quelques graines, surtout sur les plantes en extérieur. C’est très probablement dû à une plante hermaphrodite (une plante qui développe des fleurs mâles cachées dans les fleurs femelles) qui est passée sous mon radar lors des inspections.
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Comme je vous l’ai raconté, entre le froid du début de saison et nos petits visiteurs indésirables, la quantité récoltée est plus limitée que prévu initialement, mais la qualité est bien là.
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Les fleurs sous serre, très peu touchées par les graines, sont mes « pépites ». Elles seront vendues brutes pour que vous profitiez de leurs arômes intacts.
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Les fleurs extérieures, seront principalement destinées à la transformation en huile (et peut-être en résine si les taux le permettent) afin de valoriser leurs propriétés sans les inconvénients des graines.
Voilà, vous savez tout de ma saison 2025. Une année qui m’aura appris que la nature décide toujours en dernier, mais qui nous offre au final des produits d’une authenticité rare.
Envie de goûter le fruit de ce travail ? Les stocks n’étant pas extensibles cette année, je vous invite à découvrir les fleurs et produits de cette récolte sans trop tarder sur la boutique en ligne !

